Présents dans 400 entreprises de presse, souvent des PME, ils témoignent au quotidien des dégâts causés par les atteintes à la déontologie... sur les conditions de vie dans les rédactions et la crédibilité des différents média. Avec des élus (*), des délégués, des moyens matériels et juridiques, ils se battent pour tenter d'assurer un minimum de déontologie dans leurs entreprises et des perspectives de long terme.

Pourquoi garantir l'indépendance par un droit de veto ?

La tentation de soumettre un média à l’intérêt de ses actionnaires (ou de leurs amis) et donc d’affaiblir sa crédibilité, existera toujours. Ce n'est que grâce à un droit de veto sur la ligne éditoriale que le quotidien Le Monde, avant ses récents problèmes, a échappé pendant des décennies aux convoitises.

Mais tous les actionnaires ne cherchent pas à intervenir sur l'information. En Allemagne, le directeur de la rédactions du prestigieux Der Spiegel est élu à bulletins secrets par la rédaction. Aux Etats-Unis, la majorité des actionnaires du New York Times acceptent des actions sans droit de vote.

L’intersyndicale demande une loi donnant un droit de veto, à bulletins secrets, aux journalistes sur la ligne éditoriale d'un titre et sur la nomination/révocation du dirigeant. Elle exige aussi l’obligation légale, pour tout média, d’informer ses lecteurs du nomsdes principaux propriétaires.

Pourquoi cette forte participation des pigistes ?

Par leurs livres et leurs enquêtes, les journalistes indépendants ont contribué à redorer le blason de la profession. Mais la récente explosion du nombre de pigistes introduit une précarité qui fragilise le travail journalistique. Et ce sont les premières victimes de l'affaiblissement de la presse qui en découle. L'intersyndicale demande donc à ce que tout titre bénéficie d'une équipe rédactionnelle permanente et que le recours à des pigistes réguliers soit encadré.

(*) Les propositions de l’intersyndicale des journalistes ont été rédigées par les cinq premiers syndicats de la profession, qui ont rassemblé plus de 90% des voix aux élections à la Commission de la carte de presse.