Associated Press France: pas de chèque en blanc à Vincent Bolloré
Par Nicolas le mercredi 16 janvier 2008, 17:26 - Lien permanent
L'intersyndicale des salariés d'Associated Press France (AP) a "refusé de signer un chèque en blanc" au projet de reprise de l'agence de presse déposé par l'homme d'affaires Vincent Bolloré, ami proche du président de la République.
La réunion du Comité d'Entreprise "n'a permis de lever aucune des inquiétudes des élus et de l'intersyndicale", ont indiqué les syndicats SNJ, CFDT, SNJ-CGT et FO dans un communiqué commun à la mi-décembre.
Lors de cette réunion, le directeur général d'AP France, Pierre-Yves Glass, a selon eux présenté aux élus du personnel une "coquille vide" et n'a donné aucune information sur "le rédactionnel", "le montage financier", "l'emploi" et "les garanties sociales".
AP est une des trois grandes agences de presse mondiales à offrir un service d'informations sur la France, comme Reuters et l'Agence France-Presse, cette dernière étant leader sur le marché national.
Vincent Bolloré contrôle deux quotidiens gratuits, DirectSoir et Matin Plus, la chaîne de télévision Direct8 et environ 30% du capital d'Habvas, 2ème agence de publicité Française. Il détient de nombreuses concessions publiques en France et en Afrique, où il contrôle plusieurs ports en Afrique de l'Ouiest.
Commentaires
Depuis, ils ont même fait grêve contre l'arrivée de Bolloré
Article AFP du 28 janvier:
Le service en français de l'agence américaine Associated Press (AP) était perturbé par une grève lundi, les salariés protestant contre l'absence de "dialogue" et de "garanties sociales et rédactionnelles" dans le cadre d'un projet de cession en cours.
"Depuis ce lundi, à 00H01, la quasi-totalité des journalistes du service français de l'Associated Press observe une grève de 24 heures", selon un communiqué de l'intersyndicale (SNJ, CFDT, CGT, FO).
Ce mouvement a provoqué "l'interruption de la diffusion du fil français entre minuit et 06H04" et devait entraîner une autre interruption dans l'après-midi et la soirée, ont indiqué les syndicats.
AP France dispose d'une rédaction de 25 journalistes à Paris et d'une soixantaine de pigistes.
Interrogé par l'AFP, le directeur général d'AP France, Pierre-Yves Glass, a déclaré que le mouvement de grève "n'était pas entièrement suivi" et que le fil était "assez garni ce matin".
"Je ne doute pas que la plupart des rédacteurs soient en grève", a-t-il cependant ajouté, sans être en mesure de fournir de chiffres.
Ce mouvement, voté vendredi en assemblée générale, fait suite au projet de reprise du service français d'AP déposé par l'ancien PDG de l'AFP Bertrand Eveno (60%) et l'homme d'affaires Vincent Bolloré (40%).